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Administration communale
Pl. de l'Eglise 3
1027 Lonay 

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Histoire

La topographie de Lonay

A mi-chemin entre la Morges et la Venoge, à 1 km du Léman, Lonay se trouve sur une pente ensoleillée unissant la petite plaine du Bief au vaste plateau mamelonné qui constitue tout le reste du pays vers le Nord.

Le territoire communal de 361 ha s’élève de 376 m près de l’embouchure du Bief dans le lac, à 478 m au Crêt Blanc (vers la route de Cossonay).

Lonay est constitué de plusieurs quartiers qui, au Moyen Age, constituaient autant de hameaux nettement distincts les uns des autres.

Pris au sens strict, le toponyme s’appliquait à la localité entourant l’église paroisssiale, le presbytère et le four banal. Devant celui-ci devenu plus tard Maison de Commune, 3 chemins se nouaient imposant au village son plan :

Vers le nord-ouest et bifurquant vers le Vieux-Collège à droite, direction Colombier, Cottens, Montricher, et à gauche vers Echichens, Monnaz, Vufflens-le-Château.

Le second, descendant vers la plaine au sud-est, passait vers la maison Brocard puis devant l’ancienne maison des prémontrés de l’abbaye du Lac de Joux où réside maintenant le pasteur. De là, on pouvait monter vers le plateau par une charrière dite La Ria, appelée anciennement la Merdosa. Par parenthèse, le nom vient sans doute de la boue que l’eau, descendue de la marge humide du plateau supérieur, devait former le long du chemin.

On pouvait aussi contourner la Cure par le vignoble du Vigny (chemin des Abbesses actuel) et gagner soit Echandens et les Abbesses, soit Denges.

Le 3e chemin descendait du four (maison de commune actuelle), vers le sud-ouest et traversait le quartier de la Cula, longeait le vignoble du clergé de Cossonay avec sa maison et son pressoir (les Truits) pour aboutir au pied du coteau près de la halte CFF, à la route de Morges à Echallens dite l’Etra. De là un simple sentier conduisait à Préverenges.

A 200m à l’ouest de l’église, le chemin d’Echichens entrait dans une autre localité, le village de Romans . Au Moyen Age une vraie petite rue était bordée de chaque côté par des habitations qui, maintenant, ont disparu.

Au sommet de la colline où l’on voit le cimetière, s’élevait la Chapelle Saint-Maurice. En continuant vers le couchant, on descendait vers la maison des religieux de la Chaux, à Romans-Dessous.

Le quartier de Montau, récemment construit dans la pente à 500m au nord-est de l’église, perpétue le nom d’un hameau médiéval disparu au 15e ou 16e siècle.

Les origines de Lonay

Le nom du village, dont la graphie habituelle remonte à 1262, suggère ses origines romaines probablement, vers le 3e siècle, du domaine d’un gallo-romain nommé Lausinus ou Lonus dont on n’a retrouvé aucun vestige.

La toponymie locale permet peut-être d’entrevoir quelques aspects de la configuration du domaine romain : les bâtiments principaux pourraient s’être élevés près de l’église actuelle. Certains noms de lieu dont la signification ne correspondait plus à l’utilisation réelle des terrains du Moyen Age, suggéreraient l’ancien état du terroir à l’époque romaine ou barbare : le Pra, le Vigny, les Chenevières, la Faverge, tous à proximité du vieux noyau de Lonay, indiqueraient peut-être l’emplacement des prés, du vignoble , des jardins à chanvre et de la forge qui dépendaient de la villa ?

La constitution de nos villages, à partir de l’arrivée des Burgondes dans la deuxième moitié du 5e siècle, s’opéra en grande partie sur les bases romaines préexistantes. Il n’est pas impossible que Lonay ait été occupé sans interruption notable.

Des preuves archéologiques de l’occupation de la contrée à l’époque mérovingienne s’ajoutent aux indications de la toponymie. Des tombes furent mises à jour à Romans-Dessus où se trouvaient divers objets des 6e et 7e ou 8e siècle tels que bracelets, épée, vases de terre, petite balance, etc.

On peut admettre que les hameaux de Lonay, Romans, Echichens, Joulens, Bremblens, Echandens, Denges et Préverenges se seraient constitués lentement durant la période des 6e au 8e siècles au cours de laquelle le monde gallo-romain et le monde barbare fusionnaient peu à peu et préparaient la civilisation médiévale. La première mention écrite de Lonay apparaît en 1177, Romans en 1198, Montau et Le Pra depuis le 13e siècle.

L’existence de la commune de Lonay est attestée depuis la 1ère moitié du 14e siècle, époque où elle accapare divers droits appartenant à Louis II de Savoie, sire de Vaud. Ainsi elle est accusée d’avoir usurpé le four de la localité et une vigne de 3 poses qu’elle a plantée en Faclay sur les pâturages du baron et d’avoir en outre nommé annuellement dans le passé un ou plusieurs messeillers (policiers) pour la messeillerie des champs et la garde des vignes de Lonay, ceci pour son propre compte et sans en avoir reçu l’ordre du châtelain de Morges : toutes choses, selon le droit coutumier du pays, qu’elle ne pouvait faire sans l’assentiment de Louis. Ainsi, le four où chacun était tenu de faire cuire son pain, procurait un loyer versé par le fournier, concessionnaire qui prélevait lui-même une taxe de cuisson. Quant à la garde des champs et des vignes, elle procurait des amendes et surtout des taxes annuelles que devaient verser les propriétaires des bien-fonds.

Les habitants de la Commune supplièrent le sire de Vaud de leur faire grâce spéciale, par piété, pour qu’ils puissent maintenir et augmenter la confrérie du Saint-Esprit créée à Lonay. Et le sire de Vaud se laissa fléchir et accorda le privilège demandé le 14 juin 1342. Toutefois la concession n’est pas de pure charité, les paysans la paient 60 sols et s’engagent à verser un cens annuel de 20 sols (60 sols représentent alors le salaire d’un manœuvre durant 60 jours).

Les habitants de Lonay

Au Moyen Age, les gens de Lonay étaient essentiellement des paysans et des vignerons. Aucun noble depuis le 14e siècle au moins, n’avait sa résidence ordinaire au village. On n’y trouvait pas de marchands, bien peu d’artisans et de clercs.

Nicolas Lathomus, fils de Christin de Montau en 1316, était sans doute tailleur de pierre ou maçon. Les Chappuis de Denges, au 14e siècle exerçaient probablement le métier de menuisier.

On connaît aussi un forgeron, Serge Byolley ,demeurant à Lonay en 1509.

Au sujet des simples clercs et des prêtres vivant au village au milieu du 15e siècle, on trouve un notaire, Jean Chouvet, syndic de Lonay.

Deux associations formées par cette population assuraient l’union sur le plan laïc local :

La Commune, association qui unissait les gens de l’endroit, et la Confrérie du Saint-Esprit, manifestation de la charité locale.

On sait que l’organisation communautaire du travail jouait un rôle important dans la vie des campagnards médiévaux. Le cycle de l’assolement, la date des récoltes et la pâture, comme aussi l’entretien des points d’eau et des chemins de dévestiture, obligeaient les villageois à se grouper en une communauté paysanne. Elle se développe lentement grâce à un désir d’émancipation qui s’appuyait sur les responsabilités paroissiales, sur la nécessité d’une police rurale efficace et sur l’exemple des villes de franchises.

Nées de la piété du peuple et peut-être aussi des mêmes besoins d’émancipation qui développèrent les communes, les confréries du Saint-Esprit apparaissent dans notre pays dès le 13e siècle. Leurs membres assistaient les pauvres et faisaient célébrer des offices religieux pour les confrères défunts. Chrétiennes par leur inspiration et leur but, ces confréries ne dépendaient pourtant ni de l’ordre religieux du Saint-Esprit, ni des paroisses. Elles étaient sous présidence laïque et avaient des rapports étroits avec les communes dont elles facilitèrent souvent l’émancipation. Néanmoins, ces deux organismes étaient distincts et chacun possédait ses propres biens.

Les prieurs administraient alors la Commune, la fonction de syndic n’apparaissant que vers le milieu du 15e siècle. Cela tient sans doute au fait que les charges administratives, en droit différentes, sont attribuées en fait aux mêmes hommes. La tradition locale, et aussi des considérations d’ordre pratique, comme le nombre restreint des chefs de famille capables d’administrer le village encore petit, poussait sans doute à maintenir l’ancienne unité des fonctions malgré le développement juridique de la commune, plus lent que celui de la confrérie. Le régime seigneurial tendait à freiner le développement de la commune rurale tandis que la confrérie, couverte par son but charitable, s’organisait plus rapidement et offrait aux hommes de Lonay, comme à tant de leurs contemporains, un moyen de conquérir, malgré tout, quelques libertés.

Les origines de la paroisse

L’église paroissiale de Lonay était dédiée à Saint- Germain. Il s’agit vraisemblablement de l’évêque qui occupa le siège d’Auxerre du 7 juillet 418 à sa mort le 31 juillet 448 à Ravenne. Son corps fut ramené de Ravenne à Auxerre par le petit Saint-Bernard. Plusieurs sanctuaires lui furent alors dédiés le long de cet itinéraire. Le saint auxerrois serait devenu au 6e siècle l’un des patrons nationaux des Francs. On peut en inférer que Lonay aurait donc eu un sanctuaire, paroissial ou non, au 7e ou au 8e siècle.. On croit savoir que Lonay, à la même époque aurait disposé d’un cimetière paroissial, le Marterey. Il était situé autour de l’église jusqu’à la Ria à l’emplacement de la résidence du pasteur actuel, sur quelques 3500 m2.

Une paroisse rurale de l’époque mérovingienne était vaste et son marterey se trouvait en général au centre du territoire, en un lieu facilement accessible des diverses localités intéressées. Il semblerait que les villages de Lonay, Denges, Préverenges et Echandens utilisaient l’église Saint-Germain et son marterey. Puis Préverenges et Echandens se séparèrent de la paroisse à cause des ruisseaux qu’il leur fallait traverser pour se rendre à Saint-Germain, ce qui était un problème en cas de mauvais temps.

Vers le 13e siècle le temporel de Saint-Germain devint la possession du Chapitre de Lausanne. C’est l’évêché qui nommait le curé de Lonay.. Dans certains cas, cette responsabilité pouvait être réduite à néant : il arrivait en effet que le pape empêchât le libre jeu de la nomination en imposant son propre candidat. Ainsi nous savons que Pierre Tardinat, prêtre, avait reçu du souverain pontife la cure de Lonay mais, le chapitre ayant sans doute désigné un autre curé avant que les lettres apostoliques fussent parvenues à Lausanne, un procès eut lieu : le jugement prononcé paraît avoir porté que dom Tardinat recevrait de son concurrent un pension annuelle assignée sur les revenus de Saint-Germain ou sinon qu’il serait mis en possession lui-même de cette église. Le vicaire constatant que les revenus de Saint-Germain ne pouvaient garantir une telle pension, ordonnât que le requérant soit mis en possession de cette église dès qu’il le demanderait, ce qui fut fait assez rapidement.

En principe , un curé était tenu de résider dans sa paroisse et de la desservir lui-même. Mais il faut savoir que cette discipline était peu respectée au Moyen Age. Bien des curés, dont la plupart n’avaient probablement jamais eu l’intention de résider à Lonay, s’y firent remplacer et n’eurent pas d’autre responsabilité spirituelle que le choix de leur vicaire. Ils se préoccupaient inévitablement de trouver un prêtre capable de payer régulièrement son loyer ; nous ne pouvons savoir dans quelle mesure ils songeaient aux qualités pastorales du personnage.

La valeur des ministère n’est pas plus facile à apprécier durant cette période que durant les précédentes. Jacques Droz laissa un bâtard. Certaines interventions à la dispute de Lausanne qui doivent être attribuées à notre dom Droz, manifestent moins de science théologique que de lassitude face aux affirmations des réformateurs et au printemps 1537 le vicaire accepte les idées nouvelles.

Voyons maintenant quels étaient les paroissiens.

Selon les procès-verbaux des visites pastorales, l’église paroissiale de Lonay avait 50 foyers en 1416. En 1453, le curé exerçait sa juridiction sur 40 feux environ, soit 200 âmes. Cette diminution est peut-être imputable à la peste qui sévit au milieu du 15e siècle.

La circonscription territoriale concernée par ces chiffres comprend évidemment la commune de Lonay avec ses hameaux de Romans, du Pra et de Montau, ainsi que le village de Denges.

Il y avait de mauvais paroissiens qui étaient excommuniés soit pour quelque désobéissance à l’Eglise (souvent une négligence de la confession pascale), soit pour dettes ecclésiastiques ou autres. Néanmoins il ne semble pas que la paroisse de Lonay ait été une paroisse exceptionnellement mauvaise.

Quelques testaments conservés nous renseignent un peu sur l’attitude des paroissiens devant la mort. Pour la cérémonie des funérailles les gens de Lonay semblent se contenter habituellement du service réglé par la tradition locale. Certains émettent le désir , fréquent chez leurs contemporains , d’être enterrés à l’intérieur du sanctuaire. Ainsi, en 1398, Nicolette, veuve du donzel Girard de Senarclens, choisit sa place devant l’autel Notre- Dame, construit dans la nef, et sur lequel elle fonde une messe à dire chaque lundi avant le lever du soleil.

Ainsi également Aymonet, dans son testament de 1417 lègue à l’église une demi-pose de vigne à condition que le curé célèbre son anniversaire et soit tenu de l’enterrer dans l’église. Jean Capellain, testant la même année, élit sépulture dans l’église, du côté bise. Pour s’assurer la célébration d’un anniversaire perpétuel, il suffisait d’en exprimer la demande et de faire à Saint-Germain un don ou un legs convenable susceptible de garantir à l’église un revenu tout aussi durable.

Pour désigner leur église, située au milieu du hameau de Lonay, les paroissiens employaient autrefois le terme de motty. Tombé en désuétude, le nom survit encore dans un toponyme, « Dessous le Motty », attaché à la pente qui descend du village jusqu’à l’ancienne voie romaine. 
Voyant dans le soleil un symbole du Christ Sauveur, les architectes médiévaux aimaient à orienter leurs églises vers l’orient, de préférence vers le lieu où l’astre se levait à l’équinoxe. Toutefois la disposition du terrain ou la présence de ruines dont on voulait tirer parti, pouvait imposer une orientation différente. A Lonay, l’axe de l’église laisse penser que les bâtisseurs ont obéi à des considérations pratiques, par exemple en voulant utiliser des fondements romains, ultimes restes de la villa de Lausinus.

L’église d’aujourd’hui a conservé du 12e siècle, un chœur ouvert en berceau brisé dont la paroi sud est creusée d’une large niche au fond de laquelle se trouve une petite fenêtre en arc brisé gothique.

Restaurée en 1951 par M. CRUCHET, architecte à Morges, cette église a un intérieur fort plaisant, orné récemment d’une belle table de communion en marbre rose et dans la fenêtre du chœur, d’un vitrail d’Yvon MONAY, un enfant de Lonay, artiste peintre de valeur, qui fut enlevé à la fleur de l’âge, sans avoir pu donner sa mesure. Ce vitrail, aux teintes très riches, représente le Christ bénissant les enfants. La nef est simplement recouverte d’un plafond de bois en berceau.

L’église connu 3 périodes de construction, la première aux 11e et 12e siècles, puis pendant la seconde moitié du 13e siècle où l’abside fut rasée et remplacée par une tour carrée et enfin la seconde moitié du 15e siècle où elle fut remaniée pour prendre à peu près l’allure que nous lui connaissons aujourd’hui.

Nous avons vu que le cimetière de Saint-Germain était contigu à l’église au NE, à l’Est , au SE et au SO de l’édifice. En 1416, les visiteurs d’église notent que le cimetière n’est pas clos et qu’il faut remédier à ce défaut. : dans le délai d’un mois on dressera aux 4 coins du cimetière une croix de bois ou de pierre à hauteur d’homme puis une palissade de bois. Le but n’était pas d’arrêter seulement les bêtes errantes, mais bien de déterminer avec précision les limites permettant de distinguer la terre crue de la terre bénite afin d’éviter les difficultés soulevées par l’inhumation des excommuniés et par les dépôts profanes.

La Chapelle de Romans

En 1453, les commissaires responsables de la visite paroissiale, examinent la Chapelle St-Maurice de Romans qu’ils disent filiale de l’église paroissiale de Lonay. Elle semble en très mauvais état avec le toit qui fuit, la porte disjointe, etc. La chapelle paraît être bien vieille et déjà oubliée. Les commissaires prescrivent néanmoins des réparations peu coûteuses, mais qui attestent une évidente volonté de conservation.

La chapelle, dont on ne sait pas l’allure architecturale, possédait un cimetière qui se trouvait approximativement à l’emplacement du cimetière actuel. Mais pourquoi y avait-il deux cimetières dans la même paroisse ?

1439 fut une année de peste suivant un hiver de famine terrible : en 1438 le meunier de Morges n’eut à moudre que 3 sacs de froment et très peu d’orge et d’avoine. La peste sévit ensuite dans le Pays de Vaud. Il paraît néanmoins peu probable que ce soit suite à une grave épidémie, ce qui provoquait souvent l’ouverture de nouveaux cimetières, que le cimetière de Saint-Maurice fut créé car on choisissait de préférence un emplacement très éloigné des lieux d’habitation parce que l’on craignait la contagion. Le cimetière de Saint-Maurice était en effet tout près des maisons de Romans.. Après 1457 il n’y a plus aucun témoignage relatif à la chapelle de Romans. Sans doute parce que le bâtiment comme le cimetière d’ailleurs, fut attribué à la commune. Celle-ci porta ses morts à Romans lorsque le cimetière de Saint-Germain fut converti en place publique et en passage entre 1536 et la fin du 17e siècle.

Les origines du cimetière de Saint-Maurice sont donc fort obscures.

Il existait aussi un signal à Lonay, poste de signalisation optique et acoustique faisant partie du réseau établi par LL EE, cité dès 1667 , qui se trouvait dans le cimetière de Romans. Malheureusement rien ne permet de décrire la cabane qui servait occasionnellement à abriter les veilleurs, ni de savoir si elle était établie dans les ruines de l’ancienne chapelle.

Les revenus de la paroisse de Saint-Germain

Les revenus procédant du droit paroissial étaient très divers.

Les oblations, offertes par le peuple au cours de la messe et primitivement destinées à fournir les espèces nécessaires à la célébration eucharistique, ainsi que des vivres pour l’assistance des pauvres et pour la subsistance du clergé, sont les revenus les plus anciens de l’église.

Le casuel qui est l’ensemble des revenus tarifés par la coutume locale ou diocésaine et perçus par le curé à l’occasion des divers actes de son ministère en dehors de la messe paroissiale.

Les oblations et le casuel disparaissent en même temps que le ministère du prêtre : c’est pourquoi les inventaires de sécularisation n’en font aucune mention au moment de la Réformation .

Les dons et legs extrêmement divers, consistaient en biens-fonds qui venaient augmenter le domaine rural, en objets mobiliers destinés au culte, en petites sommes d’argent remises au curé et au vicaire, en rentes variées et en modestes capitaux voués à l’achat d’un cens. La cession d’une rente, ou les moyens d’en acheter une est beaucoup plus fréquente à Lonay que le legs foncier : elle avait l’immense avantage de ne pas démembrer le patrimoine laissé aux hoirs. Nos actes donnent toujours le rapport de 20 à 1 entre le capital et la rente :

le cens à 5% était coutumier : ainsi, dans la plupart des cas, la rente était rachetable par le versement du capital correspondant, soit une livre par sol, ou d’un prix convenable si la rente était en nature.(Il semble que les transactions étaient évaluées au plus juste sans qu’il soit fait de largesse de part et d’autre).

Quels que soient le mode de cession adopté et les transactions de placements subséquentes, toujours la rente est garantie par un ou plusieurs biens-fonds. Dans ces conditions, au moment où le revenu n’est plus payé régulièrement à l’église, le curé a la possibilité d’ouvrir une action en justice contre le débiteur récalcitrant et obtenir du tribunal, s’il le faut, la cession du fonds grevé.

En 1382, Alice, fille de feu Nicod du Flon, prévoit expressément que le curé prendra possession de la vigne sur laquelle le cens est assigné, si ses hoirs et ceux de son fils ne s’acquittent pas de la redevance. Cette précaution écartait l’obligation de recourir au tribunal pour obtenir la saisie du gage) et peut-être connaissait-elle bien ses héritiers …).

Il arrivait aussi que le curé ait quelques difficultés à percevoir son dû.

Ainsi Dom Piod, vicaire amodiataire de Lonay, ne pouvait obtenir de Jeanne, fille de feu Girard Conod, le paiement de redevances dues à Saint-Germain. Citée par lui devant le châtelain de Morges, la débitrice ne comparut point. Le 16 décembre 1439, dom Piod obtint de la Cour, pour la valeur de sa créance augmentée d’une somme égale en dommages et frais, un passement dont il requit aussitôt l’exécution. Le 25 janvier 1440, un huissier du châtelain accompagné de deux témoins de Lonay, opéra sur certains immeubles appartenant à la débitrice une saisie symbolisée comme de coutume, par le prélèvement d’une esquille de bois à la porte de la maison, de mottes de terre et de gazon, etc.. Le 3 février, un autre huissier offrit ces biens aux enchères publiques, sur le marché de Morges, pour le prix de 32 livres 15 sols. Pierre Bucignardi, bourgeois de cette ville, se déclara acquéreur, reçut les fragments symboliques et le même jour, transmis ses droits à dom Piod. Le 11 février, le vicaire, au nom de son église, fut investi corporellement des possessions. Celles-ci, outre le recouvrement de la créance et des frais, représentaient un accroissement notable et peu coûteux de la fortune immobilière de St-Germain.

Malgré les terres qui les garantissaient, plusieurs cens attestés au 14e et au 15e siècle disparaissent avant que LL. EE. en fassent dresser la liste. Peut-être certains administrateurs furent-ils négligents, d’autre part certaines rentes, constituées au 16e siècle, ont probablement été rendues aux fondateurs ou à leurs héritiers directs au terme de l’édit de Réformation. Il se peut enfin que les paroissiens de Lonay aient opposé aux recherches des commissaires de LL. EE. une sorte de résistance passive en ne déclarant pas les rentes qu’ils avaient autrefois payées et qui, à vrai dire, avaient perdu leur raison d’être le jour où la messe ne fut plus célébrée à St-Germain.

A ces divers revenus s’ajoutaient les dîmes dont la législation carolingienne fit un impôt obligatoire au profit de chaque église paroissiale dont une partie, du 9e au 11e siècle, fut détournée et passa aux mains soit de laïques, soit d’institutions religieuses étrangères à la paroisse. Il convient de rappeler que l’on faisait une distinction, plutôt coutumière, entre les « grosses dîmes » prélevées sur les grandes cultures, comme le vin et les céréales, et les « menues dîmes » perçues sur les pois, les fèves, le lin, le chanvre, la laine et les animaux naissant dans les troupeaux et dans la basse-cour. Le taux de perception n’était pas nécessairement de 10% mais, suivant les régions et les choses grevées, il pouvait s’abaisser au 1/11e, 1/28e etc. La dîme devant être perçue sur place, lors de la récolte, la perception était souvent confiée à un dîmier qui, pour sa peine, gardait la redîme, soit la dîme de la dîme.

Un autre revenu de la cure était la prémice qui est une imposition en rapport avec les moissons, sur laquelle nous ne nous étendrons pas.

Enfin il y avait les corvées dont aucun document ne nous renseigne sur le statut des corvées paroissiales à Lonay. Nous savons seulement qu’il était possible de les racheter.

Les revenus d’une église paroissiale devaient subvenir à certaines charges, frais de culte, entretien des bâtiments, assistance des pauvres, subsistance du clergé local et en partie de l’évêque. Nous ne trouvons cependant pas de trace de frais relatifs à une école. Dans les villes les dépenses scolaires incombaient à la commune. La plus ancienne mention de l’école de Lonay est de l’année 1599 : il s’agit d’un compte mentionnant le maître d’école.

Les Armoiries de Lonay

Comme mentionné plus haut, les habitants avaient un fort caractère d’indépendance et même frondeur, ils avaient également acquis une solide réputation de travailleurs, d’où un surnom « Les fourmis ».

Il est à noter par ailleurs que ce sont des fourmis de Lonay, à 6 pattes celles-là, qui ont éveillé la curiosité, puis forgé la vocation de naturaliste du Dr. Auguste Forel qui a figuré longtemps sur les billets de 1000 frs.

Lonay était aussi le centre de la paroisse qui regroupait également les villages de Bremblens, Denges , Echandens et Préverenges, d’où un autre surnom : « les branles- cloches », du fait que celles de la commune sonnaient plus souvent que celles des églises annexes.

Les raisins ainsi que les épis de blé figurant sur nos armoiries symbolisent bien le caractère agri-viticole de notre commune qui a dominé la vie de ce village depuis ses origines jusque dans les années 1950-1960.

Lonay contemporain

Dès les années 60, avec " expo 64 " comme moteur régional, Lonay a beaucoup changé. Il y a eu simultanément la gare de triage Lonay - Denges et l'autoroute Lausanne - Genève qui ont occasionné beaucoup de mouvements, d'activité et de places de travail dans la région. Notre village est devenu peu à peu une cité dortoir. Aujourd'hui, les grandes facilités de transports par route, trains ou bus ont provoqué une explosion de ce phénomène et l'on n'y trouve pratiquement pas un logement de libre.

Dès les années 80, des industries ont commencé à s'installer. Aujourd'hui les débordement industriels de l'ouest Lausannois ainsi que la croissance de l'est de Morges ont atteint notre commune.

Notre nouveau plan général d'affectation fait face à ces pressions.

Notre territoire de 369 ha. dont 36 de vignes, s'étend pratiquement du bord du lac ( 376 m. ) jusqu'au Crêt Blanc ( 478 m). Cette déclivité vers le lac nous fait bénéficier de l'effet doux de celui-ci du point de vue de la température ; au printemps, la végétation démarre une semaine plus vite au bas du village que sur le plateau du haut.

Sur ce territoire très varié, nous avons des surfaces agricoles, viticoles, maraîchères, une forêt de Faclay avec 2 étangs, un petit bois, un centre du village avec son église, sa cure et sa maison de commune, les quartiers de Montaux, de Roman , du Borduc, des Combes, du Parc, un établissement hôtelier " Le domaine de la gracieuse ". Un second établissement hôtelier si l’on peut dire, " la prison de la tuilière ", un bâtiment de voirie, un nouveau collège des pressoirs, une part de la gare de triage , un tronçon d'autoroute, un tronçon de la ligne CFF Lausanne- Genève et deux zones d'activité « en Saint –Jean »et sur la route de Denges.

J’aimerais faire une parenthèse au sujet de la cure qui est une remarquable construction au vaste toit inspiré des fermes de l’Emmenthal, avec des dépendances. Au temps des Bernois et encore dans les années 1800, les récoltes constituaient une part de la pension du pasteur et il fallait les loger. Les dépendances sont devenues le centre paroissial depuis une quarantaine d’années, et la cure elle-même a été entièrement refaite il y a deux ans par l’Etat de Vaud.

Une autre parenthèse à propos de la tuilière. Pour construire la prison actuelle, les bâtiments de l’ancienne tuilerie de Lonay ont été démoli en automne 1981. Un relevé des constructions existantes a été fait ainsi que diverses investigations qui ont été conduites aux alentours. Leur résultat a été confronté avec les documents d’archives qui concernent cette exploitation. Les vestiges du dernier four, en fonction jusqu’en 1920, ont été dégagés et relevés. Il s’agit d’un four type Hofmann à feu continu et tournant mesurant 27m sur 8m . L’existence d’une tuilerie est attestée dès le 15e siècle.

Une dernière parenthèse que je ne peux me résoudre à passer sous silence, concerne le petit bois ou dit Bois Forel ou encore bois Guebhardt qui jouxte La Gracieuse. Il avait été aménagé en 1746 par Abraham von Graffenried, bailly de Vevey et propriétaire temporaire de ce domaine de 1730 à 1755. Ce petit bois, ex-propriété privée de la famille Forel depuis 1628 a été légué aux enfants de Georges de Goumoëns-Forel en 1914 et donné à la commune de Lonay en 1989 par ses héritiers, dont M. Albert de Goumoëns .

Notre population de 2'500 habitants environ, très active sur les plans social, culturel, sportif ou associatif, utilise pleinement les possibilités offertes dans notre commune à savoir : 2 terrains de foot avec buvette, 2 courts de tennis, 1 double salle de gymnastique, 1 " maison de la culture "ou salle des pressoirs, comprenant trois volumes différents, un centre paroissial, 3 cafés restaurants, 1 tea-room et même un cabaret.

L'infrastructure en place permet de faire face aux besoins en locaux d'environ 2'500 habitants.

Pour le futur, nous devrons développer encore plus la collaboration avec nos communes voisines ainsi qu'avec la région.

Actuellement, nous faisons partie de l'association de la région Cossonay - Aubonne - Morges (ARCAM), de l'épuration morgienne (ERM) , du groupement scolaire Préverenges, Denges, Echandens, Lonay, de la protection civile du District de Morges, du SIS Morget pour la défense incendie, de l'association régionale d'actions sociales Morges - Aubonne - Cossonay (ARASMAC), de l'association de traitement des déchets Valorsa , du groupement forestier d'Apples, du conservatoire de musique de la région ouest lémanique à Morges. Nous collaborons encore avec les communes de Denges , Préverenges et Echandens pour traiter des problèmes d’aménagement du territoire, de l’enseignement et du transport des élèves.

Terminons ce tour d’horizon en énumérant les noms de quelques-unes des familles bourgeoises de longue date de notre commune :

Beausire - Bonardel - Borboën - Brocard - Félix - Guichard - de Goumoëns Miéville - Panchaud - Pête - Régis - Rosset - Villard